Renaturation de l’Yvette : on entre dans le vif du sujet !

Pour lutter contre les inondations de plus en plus fréquentes dans la vallée de Chevreuse, le Parc Naturel a choisi de « renaturer » l’Yvette. Les premiers travaux sur notre commune seront achevés en novembre. Malheureusement, la liaison douce attendue par les saint-rémois ne sera étudiée que plus tard.

Pour ce projet à l’étude depuis de nombreuses années, il aura fallu attendre le jeudi 21 février 2019 pour pouvoir participer à une vraie réunion d’information (précédée de peu de concertation, hélas). Pourtant, les saint-rémois sont sensibles à ce sujet qui touche à leur environnement proche. Certes on a eu jusqu’à présent des bribes d’information, difficilement compréhensibles, dans des journaux ou des sites locaux mais jamais de véritables explications. Celles-ci sont pourtant nécessaires : comment, par exemple, comprendre le terme de « renaturation » ?

Ce projet avait déjà suscité de vives inquiétudes, en octobre 2017, quand les saint-rémois ont découvert avec tristesse des dizaines de chênes abattus le long de la rue Ditte (ces coupes étaient nécessaires pour pouvoir réaliser les fouilles archéologiques obligatoires avant le début des travaux). Puis, en juin 2018, une enquête publique fut organisée alors qu’elle aurait dû l’être dès le début du projet.

En présence des représentants du Parc Naturel Régional de la Haute Vallée de Chevreuse (PNR) (M. Bonnisseau, directeur, M. Bak, M. Hardy) et du Syndicat Intercommunal d’Aménagement Hydraulique de la Vallée de l’Yvette (SIAHVY) (M. Vivien, directeur, Mme Collomb), le maire a rappelé à la petite centaine de personnes présentes dans l’ancienne mairie de la ville, que ces travaux visaient d’abord la prévention des inondations. Avec le changement climatique, les épisodes de fortes pluies devraient se multiplier.

Le projet concerne toute l’Yvette et ses affluents mais pour l’instant il se concrétise sur la portion de l’Yvette située entre l’Espace Jean Racine et le pont de Vaugien (environ 1,2 km).

Auparavant, les rivières étaient aménagées de sorte que l’eau s’écoule le plus rapidement possible, en général en ligne droite (pour aussi faire fonctionner les moulins) et elles étaient curées systématiquement. A présent, on préfère laisser la nature suivre son cours sans construire de bassin de rétention. Quand il y a trop d’eau, la rivière déborde naturellement le long de ses berges mais les crues apparaissent ainsi plus tard.

Pour réduire l’amplitude des crues, l’idée est donc de renaturer l’Yvette, c’est-à-dire de remettre l’Yvette dans son lit d’origine en fond de vallée (les moulins d’antan n’étant plus utilisés) afin qu’en cas d’excès d’eau, celle-ci puisse déborder et être retenue temporairement au sein de la « Réserve naturelle régionale Val et Coteau de Saint-Rémy » et de ses zones humides.

Les travaux qui ont finalement été autorisés par le Préfet des Yvelines le 30 janvier 2019 suite aux résultats négatifs des fouilles archéologiques, vont reprendre bientôt, s’interrompre entre avril et juillet pour ne pas perturber l’écosystème et se terminer en novembre.

A la fin du projet, l’Yvette redeviendra tortueuse sur cette portion et pourra déborder dans les grands prés de Vaugien ; elle aura de 10 à 18 m de large pour une profondeur de 0,80 à 1,50 m.

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Grands prés de Vaugien : les travaux de déboisement étant terminés, le nouveau lit de l’Yvette sera bientôt creusé ici en fond de vallée.

Durant cette réunion, le PNR nous a informés qu’une fois les travaux terminés, il allait réfléchir à la réalisation d’une sorte de sentier de découverte. Une très bonne idée sachant qu’à présent, la réserve est méconnue des habitants de Saint-Rémy.

Une fois cette première renaturation achevée, le SIAHVY prévoit d’intervenir dans les prochaines années sur l’Yvette entre le centre-ville et Chevreuse, par les prairies de Coubertin, et ensuite après Chevreuse, vers Dampierre… C’est tout le cours d’eau qui va être renaturé progressivement. De même, le SIAHVY va très prochainement se pencher sur le cas du Montabé qui traverse le quartier de Beauséjour.  Idem pour le Rhodon au sujet duquel on a appris qu’une enquête judiciaire était en cours pour déterminer l’origine de sa pollution.

« Et tout ça, ça va coûter combien ? » 

Lors de la réunion du 21 février, aucun saint-rémois n’a posé la question. Etonnant à une époque où les citoyens sont très sensibles aux dépenses publiques. En fait, les travaux seront entièrement pris en charge par le PNR (20%) et l’Agence de l’eau (80%). Deux organismes que nous finançons indirectement, notamment en payant notre consommation d’eau. Selon le rapport d’enquête publique, l’investissement global (études et travaux) est de 1,2 M€.

En amont de ces travaux, il a fallu également déplacer une canalisation de gaz haute pression et refaire les collecteurs d’eau. Ces opérations ont engendré d’autres coûts indirects et ont beaucoup perturbé les habitants proches de la sente d’Etau.

Précisons enfin que ce programme de renaturation fait partie de la nouvelle compétence GEMAPI (GEstion des Milieux Aquatiques et de la Prévention des Inondations) confiée aux intercommunalités sur toute la France depuis un peu plus de deux ans. Prêtez attention, ce terme figure sur vos feuilles d’imposition !

Pour en savoir plus : https://saintremyenmarche.fr/2018/03/10/renaturation-de-lyvette-a-saint-remy-une-necessite-ou-un-luxe-2/

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L’Yvette est fortement artificialisée sur le territoire de notre commune. Elle a subi de nombreuses modifications de son tracé pour exploiter les moulins.

Liaisons douces : Saint-Rémy toujours aussi frileuse

Bonne nouvelle, le PNR envisage de créer une liaison douce pour relier Beauplan à la gare de Saint- Rémy. C’est ce que nous avons appris de la bouche du nouveau directeur du PNR, M. Bonnisseau.

Saint-Rémy En Marche ! resoumet l’idée de faire également une liaison en bordure de la réserve naturelle où s’écoule l’Yvette, ceci afin de pouvoir relier facilement et en toute sécurité Courcelle au centre-ville. A l’heure où est prévu d’urbaniser de plus en plus notre entrée de ville à Courcelle, cette liaison va se révéler cruciale car la circulation des vélos, notamment celle d’enfants, n’est pas sécurisée sur la rue de Paris où le trafic est très dense. Un chemin technique existe déjà le long de la réserve. Il serait facile de l’ouvrir sans aller jusqu’à l’aménager avec éclairage, goudronnage… Le maire, lui, préfère réaliser plus tard une piste cyclable le long de la rue Ditte et du RER, ce qui nous semble difficilement pratique vu l’étroitesse de la rue.

Après le pont de Vaugien, là où le train a déraillé en juin dernier, le SIAHVY a commencé à travailler à la renaturation de l’Yvette en achetant des terrains privés inondables. On pourrait aussi prévoir d’y aménager une liaison douce en bordure de la voie du RER sachant que la trouée a déjà été réalisée lors de l’intervention des travaux d’urgence liés au déraillement.

Plus généralement, quand pourra-t-on aller de Gif à Chevreuse à vélo ? Le chainon manquant reste à faire sur notre commune et son absence désole les jeunes parents, les adeptes du vélo et n’incite pas les autres à s’y mettre.

A ce propos, nous avons pu noter que Mme Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, qui s’est déplacée à Saint Rémy ce même 21 février, a invité les élus de la CCHVC à réaliser plus activement des liaisons douces et des pistes cyclables sur notre territoire, en association avec la région qui va financer notamment l’usage des vélos électriques. Elle recommande aussi de favoriser les solutions d’intermodalité dans notre vallée.

Liaison Douce 2
En vert, projet de liaison douce (piétonne et cyclable) en direction de Courcelles. Proposition adressée au Maire par les élus SREM, sans réponse à ce jour.