Rue de Paris bloquée, toute la vallée impactée : le département doit agir vite !

Suite au grave incident survenu le 25 avril dernier sur la route départementale D906, au niveau du chantier situé au 132 rue de Paris, la mairie de Saint-Rémy-lès-Chevreuse a organisé une réunion publique d’information le jeudi 3 mai. Etaient présents de nombreux responsables politiques et administratifs locaux (président de la CCHVC, vice-président du département, maires des communes limitrophes, etc.) ainsi que du maître d’ouvrage (CM Promotions) et son maître d’œuvre (Nova Constructions).

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Compte tenu de l’écroulement d’un mur de soutènement sur le chantier, la moitié de la chaussée de la rue de Paris a été condamnée pour des raisons de sécurité.

Devant une très forte affluence à l’EJR, Serge Mottola, co-gérant de CM Promotions (l’un des deux promoteurs du chantier, le second étant Bruno Chiumento, mais celui-ci n’a pas pris la parole durant la réunion), a indiqué que l’accident avait pour cause une erreur humaine qui n’a pas encore été explicitée. Ce sont les experts qui devront se prononcer plus précisément sur les responsabilités, ce qui prendra au moins un mois, nous a-t-on affirmé, avant de mettre en place un plan de travaux adaptés (reconstruction du mur de soutènement, remblaiement, compactage, réfection de la chaussée, des trottoirs, etc.). En entendant cela, le maire  de Saint-Rémy et des participants dans la salle ont insisté de façon virulente pour que le département des Yvelines accélère le processus.

Le département est en effet responsable de la gestion de la rue de Paris, celle-ci étant une route départementale où circulent habituellement 8700 véhicules par jour dont 250 poids lourds et bus. C’est donc un axe important pour le département. 14 communes sont impactées par ce sinistre, en particulier les lignes d’autobus transportant les élèves vers le lycée de la vallée de Chevreuse et pour lesquels le maire demande l’absence de contrôle sur la ligne RER B entre Saint-Rémy et Courcelles (le maire s’est engagé à appeler la présidente de Ile-de-France Mobilités, sachant qu’à ce jour la RATP n’a pas répondu à cette requête).  De nombreux usagers de cette route ont fait en séance des propositions pour améliorer la situation globale (par exemple, modification des réglages des feux tricolores dans les environs, élagage des arbres entre Châteaufort et Gif). Le maire les a bien notées et elles seront étudiées par les parties concernées. De même, il a annoncé que le service de ramassage des ordures rue de Paris ne sera pas modifié. Précisons aussi que la rue de Paris reste ouverte aux riverains seulement, et que les cyclistes (et non les motos) peuvent continuer à l’emprunter.

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Photo prise en avril : en raison du manque de place sur le chantier, les camions étaient obligés de stationner sur le trottoir, très près de la cavité.

Pour l’instant personne ne peut préciser les délais de réouverture de la route : un mois, plusieurs mois … d’ici le 15 septembre s’est avancé Jacques Pelletier, président de la CCHVC. Espérons que les procédures ne s’éterniseront pas et que la présence de nombreux jours fériés en cette période de l’année ne constituera pas une excuse pour retarder d’autant plus la remise en état de la chaussée. « Je vous certifie que nous travaillons sur le sujet, même si vous ne voyez personne sur le chantier », a souligné à la tribune le représentant des Yvelines.

Plusieurs riverains ont voulu témoigner de la tenue d’un chantier à risque, sur un terrain souvent gorgé d’eau et empiétant régulièrement sur la chaussée. « Je comptais les jours avant que n’arrive un accident » a déclaré un habitant passant régulièrement devant le chantier et expert judiciaire de profession. A cela, la mairie répond qu’elle a très souvent verbalisé, mais sans conséquence, vu le faible montant des amendes. Il est regrettable qu’un maire ne puisse pas en faire plus dans un tel contexte. Le promoteur qui a été souvent invectivé par des participants à la réunion a présenté ses excuses au public. A propos de la construction elle-même, qui représente 55 logements collectifs répartis dans 4 bâtiments avec 85 places de parking sur deux niveaux de sous-sol, le maire a rappelé que le permis avait été délivré en 2016 alors que plusieurs parties prenantes s’y étaient opposées.

D’autres projets de construction de logements collectifs se profilent à l’horizon sur la rue de Paris. Souhaitons qu’à l’avenir, ceux-ci soient réalisés de façon harmonieuse et mesurée afin qu’on ait une bonne image de notre commune en y entrant par cette route. Dès maintenant nous devons réfléchir aux problèmes de circulation posés par ces nouvelles constructions. Le carrefour entre la rue de Paris et la rue Fernand Léger, à Courcelles, devrait notamment être aménagé en conséquence.

Outre les problèmes de circulation engendrés par le blocage de la rue de Paris, il faut relever que les commerçants locaux, à Saint-Rémy comme à Gif, sont très impactés par l’événement. On pense notamment au Bar-Tabac de la Vallée et à la boulangerie Maison Laborie qui ne voient plus leur clientèle habituelle. La directrice d’Intermarché à Courcelles a indiqué que son magasin avait perdu la moitié de ses clients. Plusieurs dizaines d’emplois sont menacés et des dommages seront demandés au promoteur. Les maires de la vallée se sont engagés à soutenir les commerçants dans leurs démarches juridiques.

Saint-Rémoises et Saint-Rémois, nous ne pouvons que vous inviter à continuer à faire vos courses dans les commerces que vous fréquentiez avant le 25 avril, quitte à faire des détours. Par solidarité, et parce que nos commerces locaux, qui constituent le poumon économique de notre vallée, ont besoin de vivre.